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Bourse de Milan: 30 retraits pour 21 IPO en 2025, un signal d’alarme européen?

information fournie par Le Particulier 04/06/2026 à 12:30

Bourse de Milan: malgré une valorisation record, les retraits de cote dépassent les IPO, révélant une transformation structurelle des marchés européens. ( crédit photo : Getty Images )

Bourse de Milan: malgré une valorisation record, les retraits de cote dépassent les IPO, révélant une transformation structurelle des marchés européens. ( crédit photo : Getty Images )

Malgré une capitalisation boursière record, «Piazza Affari» voit son écosystème se contracter. Ce phénomène n’est pas propre à l’Italie et révèle une mutation profonde des marchés de capitaux au niveau européen.

Sommaire:

  • Un marché plus concentré, plus riche… mais moins diversifié
  • Les moteurs du mouvement: private equity, attractivité US et rationalisation
  • Une crise de croissance partagée par l'Europe continentale

Un marché plus concentré, plus riche… mais moins diversifié

Singulière contradiction que celle de la Bourse de Milan. Alors qu’elle a franchi en 2025 de nouveaux sommets en termes de capitalisation totale à plus de 1077 milliards d’euros, le nombre de sociétés cotées sur Euronext Milan a continué de diminuer. Avec 21 introductions en Bourse (IPO) contre 30 retraits de la cote, la Bourse de Milan enregistre un nouveau bilan négatif, dans le prolongement d’une tendance déjà observée en 2024. A l’époque, les retraits de la cote (delistings) avaient déjà dépassé les IPO pour la première fois depuis plus d’une décennie.

Cette évolution ne traduit pas nécessairement un manque d’attractivité économique de l’Italie. Au contraire, nombre d’entreprises retirées de la cote affichent des fondamentaux solides. Le phénomène reflète davantage une mutation des stratégies financières des dirigeants et des investisseurs.

Les moteurs du mouvement: private equity, attractivité US et rationalisation

Pour les directeurs financiers et les gérants de fonds, l’explication de cette asymétrie repose sur une mutation structurelle de l’allocation du capital (la façon dont les investisseurs répartissent leurs investissements). La Bourse traditionnelle n’est plus l’unique Graal du financement des entreprises en croissance. Trois dynamiques court-circuitent désormais «Piazza Affari» aujourd’hui:

  • L’essor du private equity: De nombreuses entreprises matures trouvent chez les fonds d’investissement une valorisation plus attractive et une flexibilité opérationnelle supérieure. Les multiples boursiers italiens et européens restent souvent compressés, notamment pour les sociétés de croissance moyenne. Le private equity offre patience et leviers financiers que le marché public peine à accorder.
  • La préférence pour les marchés américains: Les entreprises technologiques et innovantes européennes privilégient de plus en plus une cotation aux États-Unis (NYSE ou Nasdaq). Outre des valorisations potentiellement plus élevées et un écosystème d’investisseurs tech-friendly, cela permet un changement de «centre de gravité» stratégique: accès à des capitaux plus profonds, meilleure visibilité internationale et attraction de talents.
  • La Bourse comme étape transitoire: Pour ces sociétés, la cotation européenne devient finalement une phase intermédiaire de maturité plutôt qu’une destination finale. Une fois consolidées, elles optent pour le private equity, une fusion-acquisition ou une migration vers des places financières plus dynamiques.

Une crise de croissance partagée par l'Europe continentale

L’Europe attirerait moins, en somme. Il serait par ailleurs réducteur de résumer cette «fuite de capitaux» à la seule situation italienne, car la situation de Milan s’inscrit dans une tendance beaucoup plus large à l’échelle européenne. À Londres, le nombre de retraits de cote en 2025 a dépassé largement celui des introductions depuis plusieurs années. À Paris, le ralentissement est tout aussi spectaculaire puisque seules deux IPO significatives ont été recensées en 2025 - le plus bas niveau depuis dix ans selon EY-Parthenon [AP1] - contre 32 en 2021. Francfort et Amsterdam affichent également des soldes négatifs similaires, quoique moins marqués.

Le diagnostic macro-financier est donc global: l’Europe souffre d’un déficit d’intégration de ses marchés de capitaux. Faute d’une véritable Union des marchés de capitaux (UMC) - initiative lancée par l’Union européenne en 2014 mais qui peine encore à se concrétiser aujourd’hui - et de fonds de pension européens capables de soutenir massivement les actions domestiques, les places du Vieux Continent peinent à faire croître leurs champions au sein de leurs propres indices.

Plutôt qu’un exode financier isolé, le bilan milanais de 2025 s’apparente donc à un signal de restructuration: la cote publique européenne se rationalise et se concentre sur ses mastodontes, tandis que le tissu entrepreneurial de taille intermédiaire se finance désormais hors des projecteurs de la Bourse.

1 commentaire

  • 13:54

    Et la vente à découvert, on n'en parle pas ?


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